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Guide des collectivités

Cérémonie de remise des médailles du travail en mairie : cadre, calendrier, déroulé

Deux médailles d’honneur se remettent le plus souvent en mairie. La médaille d’honneur du travail récompense les salariés du secteur privé : argent après 20 ans de services, vermeil après 30, or après 35, grand or après 40. La médaille d’honneur régionale, départementale et communale récompense les élus locaux et les agents des collectivités : argent, vermeil et or après 20, 30 et 35 ans. Les deux sont décernées aux promotions du 1er janvier et du 14 juillet, sur des dossiers déposés avant le 15 octobre et avant le 1er mai. Aucun texte n’impose de cérémonie ni ne désigne qui remet la médaille : c’est à la collectivité d’en faire un moment juste, nominatif et bien tenu.

  • Par Gharib Benabid, fondateur et gérant
  • Mis à jour le 
  • 9 min de lecture

Quelles médailles d’honneur remet-on en mairie ?

Service-public.fr recense six distinctions officielles à l’usage des particuliers. Deux concernent directement une cérémonie de mairie : la médaille d’honneur du travail, pour les habitants salariés du secteur privé, et la médaille d’honneur régionale, départementale et communale, pour les élus et les agents de la collectivité. La médaille d’honneur des sapeurs-pompiers et la médaille de l’enfance et des familles ont leurs propres règles, et leurs propres occasions.

La Légion d’honneur et l’ordre national du Mérite relèvent d’une autre logique. Pour la Légion d’honneur, la remise des insignes est réservée à des autorités désignées ; le représentant de l’État peut remettre le grade de chevalier, et la cérémonie suppose une demande d’autorisation adressée au préalable à la grande chancellerie. Ne glissez pas une décoration d’un ordre national dans une remise de médailles d’honneur sans avoir vérifié ces règles avec la préfecture.

Médaille d’honneur du travail : qui, après combien d’années, quand ?

Le décret n° 84-591 du 4 juillet 1984 en fixe le régime. Elle récompense l’ancienneté des salariés du secteur privé, français ou non, et des retraités sous conditions. Les années passées dans le secteur public ne comptent pas, sauf exception pour certains retraités. Les services accomplis chez plusieurs employeurs s’additionnent.

Elle est décernée par arrêté du ministre chargé du travail ou, sur délégation, du préfet, aux promotions du 1er janvier et du 14 juillet. L’ancienneté s’apprécie à la date de la promotion. La demande est faite par le salarié ou par son employeur, le plus souvent en ligne ; quelques départements procèdent encore par courrier.

  • Argent : 20 ans de services.
  • Vermeil : 30 ans.
  • Or : 35 ans.
  • Grand or : 40 ans.
  • Durées réduites : 18, 25, 30 et 35 ans pour certaines activités pénibles ; réduction d’un tiers pour un travail accompli hors métropole ; réduction de moitié pour les mutilés du travail, selon leur taux d’incapacité.

Médaille régionale, départementale et communale : pour les élus et les agents

Elle récompense les élus locaux qui ne sont pas parlementaires et les agents des collectivités territoriales, fonctionnaires ou contractuels, ainsi que certains agents d’offices publics de l’habitat et de caisses de crédit municipal. Les services comptent qu’ils aient été rendus comme élu ou comme agent ; lorsqu’ils ont été accomplis en même temps, leur durée n’est comptée qu’une fois. Les années passées dans le secteur privé ne comptent pas.

Elle est décernée par arrêté préfectoral, à l’occasion du 1er janvier et du 14 juillet de chaque année, avec un diplôme qui rappelle les services récompensés. Elle peut être attribuée après un départ à la retraite ou la fin d’un mandat, et à titre posthume si la remise intervient dans les cinq ans qui suivent le décès.

  • Argent : 20 ans de services.
  • Vermeil : 30 ans.
  • Or : 35 ans.

Qui peut remettre la médaille ?

Pour la médaille régionale, départementale et communale, la réponse est écrite : la remise n’ayant pas de valeur juridique, toute personne qui le souhaite peut remettre cette médaille au cours d’une cérémonie, sans habilitation particulière. Le préfet signe l’arrêté ; il n’a pas à être présent, et le maire n’a besoin d’aucune délégation pour remettre la médaille.

Pour la médaille d’honneur du travail, la fiche officielle s’arrête à l’envoi du diplôme : elle n’organise aucune cérémonie. La remise relève donc de l’employeur ou de la mairie qui a reçu le diplôme, et le choix de la personne qui remet est un choix de protocole et de sens : le maire, un adjoint, le chef d’entreprise, un collègue, un parent.

La médaille elle-même n’est pas fournie avec le diplôme. Elle peut être frappée et gravée aux frais du récipiendaire, ou de son employeur s’il l’accepte, auprès de la Monnaie de Paris ou d’un fabricant privé. Décidez qui la commande, et dites-le dans l’invitation : rien n’est plus gênant qu’un écrin vide.

Quand organiser la cérémonie ?

Le calendrier se déduit de celui des promotions et des diplômes. Il y a deux cycles par an ; une ou deux cérémonies suffisent, en regroupant au besoin les promotions.

  1. Avant le 15 octobre

    Dépôt des dossiers pour la promotion du 1er janvier. Pour la médaille régionale, départementale et communale, c’est la collectivité qui propose ses agents et ses élus : la liste se prépare dès septembre.

  2. 1er janvier

    Promotion. Les agents et les élus médaillés peuvent être salués aux vœux au personnel, si leur diplôme est arrivé.

  3. Février

    Délivrance des diplômes de la médaille d’honneur du travail de la promotion du 1er janvier. Recensement des diplômes reçus en mairie.

  4. Printemps

    Cérémonie de remise pour la promotion du 1er janvier. Invitations envoyées trois à quatre semaines avant.

  5. Avant le 1er mai

    Dépôt des dossiers pour la promotion du 14 juillet.

  6. 14 juillet, puis août

    Promotion, puis délivrance des diplômes. Cérémonie à l’automne, ou regroupement avec la promotion suivante.

Comment établir la liste des récipiendaires ?

La liste croise trois sources : les diplômes reçus en mairie, l’arrêté de promotion pour les agents et les élus, et les habitants qui se signalent parce que leur diplôme est arrivé chez leur employeur. Annoncez la cérémonie dans le bulletin et sur le site, avec un contact : un salarié dont l’entreprise n’organise rien sera heureux d’être reçu par sa commune.

  • Nom et prénom, orthographe et accents vérifiés sur le diplôme, prononciation demandée si besoin.
  • Médaille et échelon : médaille du travail ou médaille régionale, départementale et communale, puis argent, vermeil, or ou grand or.
  • Employeur ou service, et nombre d’années de services, pour le mot qui accompagne l’appel.
  • Présence confirmée, nombre d’accompagnants, besoin d’accessibilité.
  • Médaille fournie ou non, et par qui.
  • Accord écrit pour la publication du nom et de la photographie dans le bulletin et sur le site.

Comment se déroule la cérémonie ?

Une remise de médailles réussie tient en un principe : chaque récipiendaire a son moment, et aucun n’attend trop. Le conducteur se calcule en multipliant le temps d’un appel, remise et photographie comprises, par le nombre de récipiendaires : mesurez-le pendant la répétition, ne l’estimez pas.

  1. Accueil

    Les récipiendaires sont accueillis à part, reçoivent leur place réservée au premier rang et le déroulé. Leurs proches s’assoient juste derrière.

  2. Ouverture

    Le maire, ou l’élu qui préside, salue les autorités présentes et dit le sens de la cérémonie.

  3. Appel et remise

    Chaque récipiendaire est appelé par son nom, son échelon, son employeur ou son service et ses années de services. Il rejoint l’estrade, reçoit la médaille et le diplôme, se tourne pour la photographie, regagne sa place.

  4. Photographie collective

    Tous les médaillés ensemble, avec les élus, à un emplacement repéré la veille.

  5. Réception

    Un verre de l’amitié sobre, où les familles rejoignent les médaillés et où les élus prennent le temps de parler à chacun.

Dans quel ordre appeler les récipiendaires ?

Aucun texte ne fixe l’ordre d’une remise de médailles d’honneur. L’ordre doit donc être lisible et annoncé, pour que personne ne se demande pourquoi il passe avant ou après son voisin. Nous recommandons le suivant :

  • Par médaille d’abord, en commençant par la médaille d’honneur du travail puis la médaille régionale, départementale et communale, ou l’inverse si la cérémonie est d’abord celle du personnel.
  • Par échelon ensuite, de l’argent au grand or : la cérémonie monte vers les plus longues carrières.
  • Par ordre alphabétique enfin, à l’intérieur de chaque échelon.
  • Les médailles décernées à titre posthume à part, au début, remises à la famille avec quelques mots propres.

Que dire dans le discours ?

Le discours d’ouverture est court : les salutations, dans l’ordre décroissant des préséances si des autorités sont présentes, puis le sens de la médaille. La médaille d’honneur ne récompense pas un exploit : elle reconnaît la durée, la constance, le travail fait chaque jour. C’est cela qu’il faut dire, simplement.

Le vrai discours, ce sont les phrases de l’appel. Une ligne par personne, préparée à partir de ce qu’elle a accepté de transmettre : son entreprise ou son service, ses années, parfois un métier ou une étape. Faites relire ces lignes aux intéressés : une erreur sur une carrière se remarque plus qu’une erreur sur un nom.

Si le préfet, le sous-préfet ou un parlementaire est présent, le décret n° 89-655 du 13 septembre 1989 s’applique : les allocutions sont prononcées dans l’ordre inverse des préséances, la plus haute autorité en dernier. Le guide de la cérémonie des vœux détaille le placement et l’ordre des prises de parole.

Photographies, réception, période préélectorale : les derniers points

Les photographies. Un photographe, un fond neutre, un emplacement fixe où chaque médaillé se tourne avec la personne qui remet. Les tirages ou les fichiers sont envoyés à chacun dans la semaine ; c’est souvent le seul souvenir de la journée. Ne publiez que les photographies des personnes qui ont donné leur accord.

La réception. Elle se prépare comme celle des vœux : plusieurs points de service, des tables hautes et des chaises, une offre sans alcool aussi soignée que le reste. Vérifiez que la dépense entre dans le cadre fixé par le conseil municipal pour les fêtes et cérémonies.

La période préélectorale. L’article L52-1 du code électoral interdit toute campagne de promotion des réalisations ou de la gestion d’une collectivité à compter du premier jour du sixième mois qui précède le mois d’une élection générale. Avant l’élection présidentielle des 18 avril et 2 mai 2027, la période a commencé le 1er octobre 2026. Une remise de médailles reste ce qu’elle est, un hommage à des carrières : tenez-la dans sa forme habituelle et gardez le discours sur les médaillés, pas sur le bilan de la commune.

Sources

Qui a écrit ce guide

Gharib Benabid

Fondateur et gérant

« Créer les conditions qui permettent aux autres de réussir. »

Livre blanc SOST’N

Il arrive en Île-de-France en 2003 par un service jeunesse. Suivent une fédération d’associations, un cabinet d’élu au Conseil départemental du Val-de-Marne, puis la direction d’un cabinet de collectivité. Plus de vingt ans du côté de ceux qui commandent un événement public, avant de le produire.

Au service jeunesse, il devient responsable adjoint. Au-delà des missions administratives, il apprend à travailler avec les collectivités, les partenaires institutionnels, les associations et les familles, et découvre le fonctionnement concret des politiques publiques de proximité.

Une fédération d’associations le conduit ensuite au développement de structures d’accueil pour des jeunes en difficulté sociale ou éducative. C’est là qu’il se spécialise dans la politique de la ville et les quartiers prioritaires, et qu’il prend l’habitude de coordonner des équipes pluridisciplinaires.

Au cabinet d’élu, il découvre les exigences du pilotage politique : concilier vision stratégique, contraintes budgétaires et réalités de terrain. Comme chef de cabinet, il coordonne les événements institutionnels, gère des situations sensibles, travaille dans l’urgence et garantit une organisation irréprochable.

Autodidacte, titulaire d’un DEUG en communication et médiation culturelle, il tient l’expérience pour la plus exigeante des écoles. SOST’N n’est pas une rupture dans ce parcours : « au fond, mon métier n’a jamais changé ».

Rugby de six à quarante-quatre ans ; aujourd’hui dirigeant bénévole d’un club.

  1. Service jeunesseResponsable adjoint, Île-de-France
  2. Fédération d’associationsPolitique de la ville, quartiers prioritaires
  3. Cabinet d’éluConseil départemental du Val-de-Marne
  4. Chef de cabinetCommunication et événements institutionnels

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