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Guide des collectivités

Cérémonie des vœux du maire : comment l’organiser, de septembre à fin janvier

La cérémonie des vœux du maire se prépare dès septembre ou octobre : la date et la salle d’abord, la liste protocolaire en novembre, les invitations début décembre, le discours arrêté une semaine avant. Le placement des autorités et l’ordre des prises de parole suivent le décret n° 89-655 du 13 septembre 1989 : les allocutions sont prononcées dans l’ordre inverse des préséances. En janvier 2027, elle se tient dans la période préélectorale ouverte le 1er octobre 2026 avant l’élection présidentielle : elle reste possible, dans sa forme habituelle et sur un ton strictement neutre.

  • Par Gharib Benabid, fondateur et gérant
  • Mis à jour le 
  • 9 min de lecture

Quand commencer à préparer la cérémonie des vœux ?

Par usage, les vœux se présentent jusqu’à la fin du mois de janvier. La commune, l’intercommunalité, le département et la préfecture se partagent donc les mêmes trois semaines. La date se fixe à l’automne, pas en décembre : c’est elle qui conditionne la présence des autorités.

  1. Septembre-octobre : fixer la date et réserver la salle

    Croisez votre date avec celles de l’intercommunalité, des communes voisines et du représentant de l’État. Réservez la salle, vérifiez son effectif admissible et bloquez la sonorisation et l’éclairage.

  2. Octobre-novembre : arrêter le format et le budget

    Reconduisez le format des années précédentes, sauf décision délibérée. Faites établir les devis du traiteur et de la technique, et vérifiez que la dépense est inscrite au budget.

  3. Mi-novembre : mettre à jour la liste protocolaire

    Nouveaux élus, nouveaux chefs de service de l’État, changements dans les associations. Adressez un message « réservez la date » aux cabinets des autorités.

  4. Début décembre : envoyer les invitations

    Quatre à cinq semaines avant la date, et avant la trêve des fêtes. Fixez une date de réponse au début de janvier, après laquelle le placement est arrêté.

  5. Mi-décembre : écrire le discours

    Le maire fixe les grandes lignes, le cabinet rédige, le directeur général des services vérifie chaque chiffre cité. Version définitive une semaine avant.

  6. Première semaine de janvier : verrouiller

    Relance des autorités sans réponse, plan de placement, conducteur minuté, répétition technique dans la salle, consignes aux élus et aux agents chargés de l’accueil.

  7. Dans les quinze jours qui suivent : faire le bilan

    Remerciements, fréquentation, coût réel, archivage de la liste et du conducteur. L’édition suivante commence là.

Les vœux de janvier 2027 tombent-ils en période préélectorale ?

Oui. L’article L52-1 du code électoral interdit, à compter du premier jour du sixième mois qui précède le mois d’une élection générale, toute campagne de promotion publicitaire des réalisations ou de la gestion d’une collectivité sur le territoire des collectivités intéressées par le scrutin. L’élection présidentielle est fixée aux 18 avril et 2 mai 2027 : la période a commencé le 1er octobre 2026.

Cette interdiction s’applique à l’élection présidentielle par renvoi de la loi n° 62-1292 du 6 novembre 1962. Le ministère de l’Intérieur l’a rappelé en 2007 dans une réponse écrite à une députée, en précisant qu’elle ne vise que les actions liées à l’élection concernée. Une cérémonie des vœux n’est donc pas interdite. Elle doit rester ce qu’elle est : un rendez-vous institutionnel, sans lien avec le scrutin.

Les élections départementales et régionales sont prévues en mars 2028. Si elles se tiennent à cette date, les vœux de janvier 2028 tomberont eux aussi dans la période, et la vigilance redouble si un élu de la commune est candidat.

Face à une cérémonie tenue en période préélectorale, le juge se pose trois questions. Est-elle traditionnelle ? Se tient-elle dans des conditions comparables aux éditions précédentes, en forme, en nombre d’invités et en budget ? Le discours est-il neutre, limité aux vœux et à un bilan factuel de l’année ? Le Conseil d’État a déjà annulé une élection municipale après une cérémonie d’une ampleur particulière, au cours de laquelle le maire avait longuement évoqué les projets du mandat à venir.

Qui inviter, et comment établir la liste protocolaire ?

Le décret n° 89-655 du 13 septembre 1989 fixe l’ordre de préséance des autorités dans les cérémonies publiques, c’est-à-dire celles organisées sur ordre du Gouvernement ou à l’initiative d’une autorité publique. Hors Paris, son article 3 place en tête le préfet, puis les députés, les sénateurs, les représentants au Parlement européen, le président du conseil régional, le président du conseil départemental et le maire de la commune où se déroule la cérémonie.

Une règle change tout pour les vœux. Selon l’article 9, dans une cérémonie qui n’est pas prescrite par le Gouvernement, l’autorité invitante occupe le deuxième rang, juste après le représentant de l’État. Chez lui, le maire passe donc devant les parlementaires. En l’absence du préfet, le sous-préfet prend, dans son arrondissement, le rang du représentant de l’État (article 11).

Le président de l’intercommunalité ne figure pas dans la liste de l’article 3. L’article 18 permet à l’autorité invitante de placer parmi les autorités des personnalités françaises ou étrangères qui n’y sont pas mentionnées, comme le maire d’une ville jumelée venu avec une délégation. Les ambassadeurs étrangers prennent place après le représentant de l’État (article 17).

  • Le représentant de l’État : préfet, ou sous-préfet d’arrondissement.
  • Les parlementaires du département et les représentants au Parlement européen.
  • Les présidents et les élus du conseil régional et du conseil départemental, dont les conseillers du canton.
  • Le président de l’intercommunalité et les maires des communes voisines.
  • Les chefs des services de l’État et des forces de sécurité présents sur le territoire.
  • Le conseil municipal, le directeur général des services et les cadres de la commune.
  • Les forces vives : associations, comité de jumelage, entreprises, établissements scolaires, nouveaux habitants.

Comment rédiger et envoyer les invitations ?

Deux circuits coexistent. Les autorités reçoivent une invitation nominative, adressée à leur cabinet ou à leur secrétariat, suivie d’une relance téléphonique si la réponse tarde. Les habitants sont invités par voie publique : bulletin municipal, site de la commune, affichage, réseaux sociaux. Si la cérémonie est ouverte à tous, écrivez-le : beaucoup d’habitants pensent encore qu’il faut un carton.

La formule reste sobre : « Le maire et le conseil municipal vous prient de bien vouloir assister à la cérémonie des vœux », puis la date, l’heure, le lieu et la date de réponse. En période préélectorale, reprenez la présentation de l’année précédente, sans slogan ni bilan.

  • Une seule adresse de réponse, suivie par une seule personne.
  • Une ligne sur l’accessibilité : « Merci de nous signaler tout besoin particulier », avec un contact.
  • Pour les autorités, la question de la représentation : qui viendra, et à quel titre.

Dans quel ordre placer les autorités et donner la parole ?

L’article 16 du décret organise le placement. Lorsque les autorités sont côte à côte, celle à qui la préséance est due se tient au centre ; les autres se placent alternativement à sa droite puis à sa gauche, du centre vers l’extérieur. Avec une allée centrale, la première autorité s’assoit à la gauche de la travée de droite, la deuxième à la droite de la travée de gauche, puis l’alternance reprend rangée par rangée.

L’article 19 règle le déroulé. La cérémonie ne commence que lorsque l’autorité de premier rang a rejoint sa place ; elle arrive la dernière et se retire la première. Les allocutions sont prononcées dans l’ordre inverse des préséances : la plus haute autorité parle en dernier.

Appliqué aux vœux, cela donne par exemple : le président du conseil départemental, puis le député, puis le maire, et le préfet en dernier s’il prend la parole. Souvent, le représentant de l’État assiste sans s’exprimer et le maire clôt la partie officielle. Fixez ce point par écrit avec le cabinet du préfet ou du sous-préfet, au plus tard une semaine avant.

Comment organiser l’accueil et garantir l’accessibilité ?

L’accueil se dédouble. Un accueil public à l’entrée : vestiaire, orientation, programme. Un accueil protocolaire distinct : un élu et un agent reçoivent chaque autorité à la porte, l’accompagnent à sa place et savent qui elle doit saluer.

Depuis la loi du 11 février 2005, les établissements recevant du public doivent être accessibles à tous les types de handicap. Avant de confirmer la salle, consultez son registre public d’accessibilité, tenu au principal point d’accueil : il dit ce que le bâtiment permet réellement. Prévoyez ensuite ce que la cérémonie ajoute au bâtiment.

  • Des places réservées devant, avec un accès sans marche, pour les personnes en fauteuil et leurs accompagnants.
  • Une boucle à induction magnétique pour les personnes appareillées.
  • Une interprétation en langue des signes française ou un sous-titrage en direct des discours.
  • Des sièges pendant la réception, qui se tient souvent debout.

Que dire dans le discours des vœux, et que taire ?

Le discours s’ouvre sur les salutations protocolaires, dans l’ordre décroissant des préséances : « Monsieur le Préfet, Madame la Députée, Monsieur le Président du conseil départemental ». La liste se fige la veille, à partir du tableau des réponses : saluer une autorité absente, ou oublier une autorité présente, se remarque immédiatement.

Vient ensuite le corps du propos : un hommage si l’année l’impose, le bilan de l’année écoulée en faits vérifiables, les chantiers engagés, puis les vœux proprement dits. Douze à quinze minutes suffisent ; au-delà, une salle debout décroche.

En période préélectorale, la ligne est nette : un bilan factuel de l’année, aucune référence au scrutin, aucune annonce de projet pour le mandat suivant, aucune mention d’une candidature. Les cartes de vœux imprimées aux frais de la commune suivent la même règle : y mentionner une candidature a déjà été jugé irrégulier.

Comment préparer la réception qui suit ?

La réception est le moment où les habitants parlent aux élus. Elle se prépare comme une circulation, pas comme un buffet : plusieurs points de service pour éviter la file d’attente, des tables hautes et quelques tables basses avec des chaises, un espace dégagé où le maire peut être abordé.

Les quantités se calculent sur les réponses reçues pour les invités nominatifs, et sur la fréquentation des années précédentes pour le public. Demandez au traiteur la liste des allergènes de chaque préparation et prévoyez une offre sans alcool aussi soignée que le reste. La sobriété n’est pas qu’une affaire d’image : elle permet de justifier la dépense.

Vérifiez avec le service financier que la dépense entre dans le cadre fixé par le conseil municipal pour les fêtes et cérémonies, et que son montant reste comparable à celui de l’an passé.

Que faire dans les jours qui suivent ?

Une lettre de remerciement signée du maire part dans la semaine vers chaque autorité présente ou représentée. Le discours peut être mis en ligne sur le site de la commune, dans sa version prononcée ; en période préélectorale, sans montage ni mise en scène.

  • Fréquentation : invités nominatifs présents, public estimé, taux de réponse.
  • Coût réel, poste par poste, comparé au budget voté et à l’édition précédente.
  • Accessibilité et incidents : ce qui était prévu, ce qui a manqué.
  • Liste protocolaire mise à jour : départs, arrivées, changements de fonction.

Sources

Qui a écrit ce guide

Gharib Benabid

Fondateur et gérant

« Créer les conditions qui permettent aux autres de réussir. »

Livre blanc SOST’N

Il arrive en Île-de-France en 2003 par un service jeunesse. Suivent une fédération d’associations, un cabinet d’élu au Conseil départemental du Val-de-Marne, puis la direction d’un cabinet de collectivité. Plus de vingt ans du côté de ceux qui commandent un événement public, avant de le produire.

Au service jeunesse, il devient responsable adjoint. Au-delà des missions administratives, il apprend à travailler avec les collectivités, les partenaires institutionnels, les associations et les familles, et découvre le fonctionnement concret des politiques publiques de proximité.

Une fédération d’associations le conduit ensuite au développement de structures d’accueil pour des jeunes en difficulté sociale ou éducative. C’est là qu’il se spécialise dans la politique de la ville et les quartiers prioritaires, et qu’il prend l’habitude de coordonner des équipes pluridisciplinaires.

Au cabinet d’élu, il découvre les exigences du pilotage politique : concilier vision stratégique, contraintes budgétaires et réalités de terrain. Comme chef de cabinet, il coordonne les événements institutionnels, gère des situations sensibles, travaille dans l’urgence et garantit une organisation irréprochable.

Autodidacte, titulaire d’un DEUG en communication et médiation culturelle, il tient l’expérience pour la plus exigeante des écoles. SOST’N n’est pas une rupture dans ce parcours : « au fond, mon métier n’a jamais changé ».

Rugby de six à quarante-quatre ans ; aujourd’hui dirigeant bénévole d’un club.

  1. Service jeunesseResponsable adjoint, Île-de-France
  2. Fédération d’associationsPolitique de la ville, quartiers prioritaires
  3. Cabinet d’éluConseil départemental du Val-de-Marne
  4. Chef de cabinetCommunication et événements institutionnels

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