Pourquoi marquer l’anniversaire d’un jumelage ?
Parce qu’un jumelage vit de ses habitants, et que les habitants changent. Le règlement du Fonds de soutien aux jumelages, du 30 septembre 2026, part de ce constat : l’essoufflement de nombreux comités, marqué par la difficulté du renouvellement générationnel. Un anniversaire est le moment de poser la question franchement : ce jumelage a-t-il encore un programme, et qui le portera dans dix ans ?
C’est aussi le moment de relire le texte fondateur. Pour l’AFCCRE, le serment correspond à la convention prévue par la loi sur la coopération décentralisée, et fonde la possibilité pour la commune de financer les activités de jumelage. L’article L1115-1 du code général des collectivités territoriales permet aux communes de conclure des conventions avec des autorités locales étrangères, qui précisent l’objet des actions envisagées et le montant prévisionnel des engagements financiers. Un texte signé il y a cinquante ans dit rarement tout cela.
L’anniversaire ouvre trois possibilités, qui peuvent se combiner :
- Réaffirmer la charte telle quelle, par une lecture publique et une nouvelle signature.
- La renouveler ou la compléter par un avenant qui fixe un programme d’actions pour les années à venir.
- Passer le relais : faire entrer au comité des jeunes, des associations, des familles qui n’ont pas connu la signature.
Quel calendrier pour préparer un anniversaire de jumelage ?
Comptez douze mois. Le calendrier se construit à rebours, à partir des deux dates retenues avec le partenaire et des dates de dépôt des financements.
Douze mois avant : accorder les deux villes
Les deux maires et les deux comités fixent les dates des deux temps, chez vous et chez le partenaire, et ce que l’on signera. Un groupe de pilotage commun se réunit dès ce moment.
Dix à douze mois avant : déposer les dossiers
Fonds de soutien aux jumelages, OFAJ pour un volet jeunes avec l’Allemagne, aides locales : chaque dossier suit son calendrier, et tous se déposent avant l’événement.
Neuf mois avant : lancer les projets
Appel aux archives et aux habitants pour l’exposition. Contact des écoles et des associations, qui ont besoin d’une année scolaire pour construire un projet.
Six mois avant : arrêter le programme et le texte
Programme des deux temps, liste des invités, texte de la charte renouvelée ou de l’avenant dans les deux langues, relu des deux côtés. Ambassade ou consulat prévenus dès la date arrêtée.
Trois mois avant : délibérer
Le conseil municipal adopte le texte et autorise le maire à le signer. La délibération est transmise au contrôle de légalité.
Six à huit semaines avant : annoncer et inviter
Annonce aux autorités, puis cartons, reçus trois semaines avant au plus tard. Hébergement de la délégation confirmé, familles d’accueil appariées.
La veille : répéter
Son, hymnes, lecture bilingue, signature, placement : chaque geste est essayé dans la salle.
Dans les trois mois qui suivent : le bilan
Remerciements, archives versées au comité et à la commune, compte rendu aux financeurs dans leurs délais.
Quel programme sur plusieurs jours, et dans quelle ville ?
La signature d’origine a eu lieu deux fois. L’AFCCRE rappelle que ces manifestations se tiennent successivement dans chacune des communes, sans délai imposé entre les deux : c’est le calendrier qui décide. L’anniversaire suit la même règle. Les deux temps peuvent tomber la même année, à quelques mois d’écart, ou sur deux années, chaque ville recevant à son tour.
Voici un programme type de trois jours pour le temps qui se déroule chez vous, à ajuster avec le partenaire :
- Jour 1, l’accueil. Arrivée de la délégation, accueil à l’hôtel de ville, installation dans les familles ou à l’hôtel, dîner avec les familles d’accueil.
- Jour 2, le temps officiel. Inauguration de l’exposition, cérémonie, lecture et signature, réception. L’après-midi appartient aux écoles et aux associations : rencontre sportive, concert, ateliers communs.
- Jour 3, l’avenir. Rencontre de travail entre élus, bénévoles et jeunes des deux comités sur le programme des années qui viennent, matinée en famille, départ calé sur le repos du conducteur.
Renouveler la charte ou signer un avenant : quelle différence ?
Renouveler, c’est signer un nouveau texte qui réaffirme l’engagement, dans les termes d’origine ou réécrits. Compléter par un avenant, c’est garder la charte intacte et lui adjoindre ce qu’elle ne dit pas : les domaines d’échange, le rythme des rencontres, les engagements de chacun.
La procédure est celle de la signature d’origine. L’AFCCRE indique que le projet de texte est soumis au conseil municipal pour adoption avant la signature par le maire, puis au contrôle de légalité. Si le texte prend la forme d’une convention au sens de l’article L1115-1, il précise l’objet des actions et le montant prévisionnel des engagements financiers, et entre en vigueur dès sa transmission au représentant de l’État.
L’AFCCRE conseille de formuler largement les domaines d’action, pour ne pas enfermer le partenariat. Le règlement du Fonds de soutien aux jumelages cite le renouvellement de la charte parmi les résultats concrets attendus d’un projet, et compte parmi ses exemples une rencontre de travail entre élus, bénévoles et jeunes des deux communes pour renouveler la charte ou définir un programme d’actions pluriannuel.
Comment ordonner la cérémonie et les préséances ?
Organisée à l’initiative d’une autorité publique, la cérémonie relève du décret n° 89-655 du 13 septembre 1989. Dans une cérémonie qui n’est pas prescrite par le Gouvernement, l’autorité invitante occupe le deuxième rang, après le représentant de l’État (article 9). L’article 18 permet de placer parmi les autorités des personnalités françaises ou étrangères que le décret ne mentionne pas, comme le maire de la ville jumelle ; les ambassadeurs étrangers prennent place après le représentant de l’État (article 17).
Les allocutions sont prononcées dans l’ordre inverse des préséances, et l’autorité de premier rang arrive la dernière (article 19). Si le maire de la ville jumelle est placé juste après le maire hôte, l’ordre le plus simple fait parler les présidents des deux comités, puis le maire de la ville jumelle, puis le maire hôte, sauf si une autorité de rang supérieur prend la parole.
Pour les symboles, une réponse du ministère de l’Intérieur publiée au Journal officiel du 3 juillet 2018 admet l’hymne européen lors d’une cérémonie non militaire comme un jumelage, à condition que la Marseillaise soit jouée aussi, en dernier. Pour l’hymne du pays partenaire, aucun texte ne tranche : la commune décide, d’accord avec son partenaire.
Comment monter une exposition rétrospective ?
L’exposition raconte le jumelage à ceux qui ne l’ont pas vécu. Elle puise dans trois fonds : les archives municipales (délibération d’origine, charte, correspondance, presse locale), celles du comité, et ce que les habitants gardent chez eux, photographies, programmes, cadeaux échangés. Le partenaire dispose des mêmes fonds : une exposition bilingue, montrée dans les deux villes, double son public.
Les images posent une question de droit. Publier une photographie où une personne est reconnaissable suppose en principe son accord écrit. Des exceptions existent, notamment pour une scène de groupe dans un lieu public où personne n’est isolé, ou pour une image qui illustre un sujet historique, dans le respect de la dignité des personnes. Pour un enfant encore mineur, l’accord écrit des parents est requis, sans exception.
Ce qu’il faut prévoir, dès l’appel aux archives :
- Un appel aux habitants neuf mois avant, avec une fiche de prêt et de restitution.
- La numérisation des documents prêtés, rendus ensuite à leurs propriétaires.
- Des légendes datées, vérifiées dans les archives, écrites dans les deux langues.
- L’accord du photographe, lorsqu’il est connu, pour les images reproduites.
- Un lieu accessible, ouvert au-delà des jours de l’anniversaire.
Comment associer les écoles et les associations ?
C’est ce qui distingue un anniversaire d’une réunion d’anciens. L’AFCCRE recommande que toutes les structures, toutes les associations et le plus grand nombre d’habitants puissent participer au jumelage, et d’y associer les jeunes, notamment par les conseils municipaux d’enfants et de jeunes.
Avec les écoles, une précaution de méthode : selon l’AFCCRE, un établissement scolaire n’a pas vocation à organiser des échanges, et ne s’engage que s’il y voit un intérêt pédagogique et en a les moyens. Proposez-lui un projet qui tient dans l’année scolaire : une correspondance entre classes, une exposition de travaux, un chant appris dans la langue du partenaire.
Avec les associations, partez de ce qu’elles font déjà. Un club reçoit son homologue, une chorale chante avec l’autre, une association d’histoire locale prépare l’exposition. Chacune a son créneau dans le programme et son nom dans la communication.
Pour un volet jeunes, l’OFAJ finance les rencontres de jeunes avec l’Allemagne, et le volet 1 du Fonds de soutien aux jumelages les mobilités de jeunes vers les autres pays partenaires, d’au moins cinq jours sur place.
Comment financer un anniversaire de jumelage ?
Aucun financeur public ne paie une fête. Le règlement du Fonds de soutien aux jumelages exclut expressément de son volet intergénérationnel les événements purement festifs ou protocolaires sans programme collectif structuré. Il finance en revanche des projets qui réunissent au moins deux tranches d’âge et trois bénéficiaires, sur au moins deux jours et une nuit sur place, avec un résultat concret pour le jumelage. Le renouvellement de la charte, une exposition, une action mémorielle sur l’histoire du jumelage figurent parmi ses exemples.
Seule la commune dépose, pour 5 000 € au plus par projet, sous réserve d’une part d’autofinancement. La deuxième session de 2026 est ouverte jusqu’au 31 janvier 2027, résultats annoncés en mars 2027. Le projet ne peut pas commencer avant cette annonce et doit avoir lieu dans les douze mois qui suivent la notification. Les projets intergénérationnels strictement franco-allemands relèvent du Fonds citoyen franco-allemand.
Pour un anniversaire qui réunit un large public de plusieurs pays, le programme européen CERV finance des rencontres de jumelage d’au moins cinquante participants, dont vingt-cinq invités venus d’un autre pays, et compte les événements culturels, les festivals et les expositions parmi les activités éligibles. L’appel 2026 a fermé le 23 septembre 2026 et ne prévoyait aucune avance : le porteur engage les dépenses avant d’être payé.
Comment communiquer sur l’anniversaire ?
La communication commence avec l’appel aux archives et ne s’arrête pas le soir de la cérémonie. Elle s’adresse aux habitants avant de parler des élus : qui peut accueillir une famille, prêter une photographie, chanter, jouer, exposer.
- Un visuel commun aux deux villes, décliné dans les deux langues.
- Un calendrier public des temps ouverts à tous, et un appel aux familles d’accueil.
- La presse locale des deux côtés, informée le même jour.
- Le soutien de chaque financeur mentionné : le Fonds de soutien aux jumelages impose son logo sur toute communication du projet.
- Les traces de l’anniversaire, photographies et textes, versées au comité : elles serviront au suivant.
Que dire dans un discours d’anniversaire de jumelage ?
Aucun modèle à recopier ici : un discours d’anniversaire qui sonne comme un modèle se remarque dès la deuxième phrase. Une structure, en revanche, se retrouve d’une ville à l’autre :
- Les salutations protocolaires, dans l’ordre décroissant des préséances, arrêtées la veille à partir de la liste des présents.
- Le rappel des origines : la date de la signature, les signataires, ce qui a rapproché les deux villes. Un fait trouvé dans les archives vaut mieux qu’une formule.
- Ce que le jumelage a produit : des échanges, des familles liées, des projets communs, nommés précisément.
- L’engagement renouvelé : ce que dit la charte relue ou l’avenant signé, et ce qui sera fait dans les années qui viennent.
- Les remerciements, aux bénévoles des deux comités d’abord.
Sources
- Concrétiser le partenariat (AFCCRE) (nouvelle fenêtre)
- Consolider les liens (AFCCRE) (nouvelle fenêtre)
- Code général des collectivités territoriales, article L1115-1, version en vigueur depuis le 6 août 2021 (Légifrance) (nouvelle fenêtre)
- Règlement du Fonds de soutien aux jumelages, 30 septembre 2026 (ministère de l’Europe et des Affaires étrangères) (nouvelle fenêtre)
- Fonds de soutien aux jumelages, ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (France Diplomatie) (nouvelle fenêtre)
- Citizens, Equality, Rights and Values Programme (CERV), Call for proposals Town Twinning (CERV-2026-CITIZENS-TOWN-TT), version 1.0 du 28 avril 2026 (Commission européenne) (nouvelle fenêtre)
- Organiser des rencontres de jumelages et de partenariats régionaux (OFAJ) (nouvelle fenêtre)
- Décret n° 89-655 du 13 septembre 1989 relatif aux cérémonies publiques, préséances, honneurs civils et militaires (Légifrance) (nouvelle fenêtre)
- Question écrite n° 9096 de M. Sébastien Leclerc et réponse du ministère de l’Intérieur, JO du 3 juillet 2018 (Assemblée nationale) (nouvelle fenêtre)
- Droit à l’image et au respect de la vie privée (Service-public.fr) (nouvelle fenêtre)
- Code électoral, article L52-1, version en vigueur depuis le 20 avril 2011 (Légifrance) (nouvelle fenêtre)
- Quelles sont les dates des prochaines élections ? (Service-public.fr) (nouvelle fenêtre)
