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Guide des fédérations

Organisation de l’assemblée générale d’une fédération : convocation, vote, logistique

L’organisation de l’assemblée générale d’une fédération obéit d’abord à ses statuts : la loi du 1er juillet 1901 ne fixe ni délai de convocation, ni quorum, ni mode de vote. Pour une fédération sportive agréée, le code du sport ajoute des règles de composition, dont celle qui impose depuis 2024 que les présidents des membres, en pratique les clubs, pèsent au moins la moitié des voix de l’assemblée élective. Le reste est affaire d’exécution : convoquer dans les délais, contrôler les pouvoirs, émarger, faire voter sans contestation possible, puis rédiger le procès-verbal.

  • Par Gharib Benabid, fondateur et gérant
  • Mis à jour le 
  • 9 min de lecture

Qui fixe les règles de l’assemblée générale d’une fédération ?

Les statuts, et le règlement intérieur qui les complète. La loi du 1er juillet 1901 ne mentionne l’assemblée générale que pour la dévolution des biens en cas de dissolution ; tout le reste relève de la liberté contractuelle. C’est dans les statuts qu’on lit qui convoque, qui est convoqué et comment, qui préside, comment s’exercent les mandats, quel quorum s’applique et qui rédige le procès-verbal.

Les fédérations sportives agréées ont des obligations supplémentaires. Depuis la loi du 2 mars 2022, l’article L131-5-1 du code du sport impose que l’assemblée générale élective comprenne au minimum le président de chaque membre de la fédération, ou l’un de ses membres dûment mandaté en cas d’empêchement, ces représentants pesant au moins 50 % du collège électoral et 50 % des voix de chaque scrutin depuis 2024. Le président de la fédération et les membres de l’organe collégial d’administration sont élus par l’assemblée générale.

La loi du 3 août 2026 sur le sport professionnel a complété cet article : les statuts garantissent le caractère démocratique des élections, et les délégués des associations ou sociétés sportives évoluant au niveau professionnel ne peuvent détenir plus de 25 % des voix à l’assemblée générale. L’article L131-8 impose enfin la parité dans les instances dirigeantes et limite à trois les mandats du président. Ces règles se vérifient à l’appel à candidatures, pas le jour du vote.

Quel calendrier pour une assemblée générale fédérale ?

Les délais statutaires sont des minimums juridiques, pas un calendrier de travail. Une assemblée qui réunit des délégués venus de toute la France se prépare sur six mois au moins, et sur un an quand elle s’inscrit dans un congrès.

  1. Six mois avant : date, lieu, format

    Arrêtez la date avec le bureau, réservez la salle, posez une option d’hébergement. Choisissez le format, présentiel, hybride ou à distance, selon ce que permettent les statuts.

  2. Quatre mois avant : appel à candidatures

    Pour une assemblée élective, publiez le calendrier électoral : date limite de dépôt, conditions d’éligibilité, pièces exigées, rôle de la commission électorale si les statuts en prévoient une.

  3. Trois mois avant : inscriptions et logistique

    Ouvrez l’inscription des délégués, la réservation des chambres et des transports. Fixez la date de libération des chambres non attribuées.

  4. Au délai statutaire : convocation

    Envoi de la convocation, de l’ordre du jour, des rapports, du texte des résolutions et du formulaire de pouvoir.

  5. Quinze jours avant : liste des votants

    Liste arrêtée des membres qui ont le droit de vote, avec le nombre de voix de chacun. Réception des pouvoirs jusqu’à la date limite annoncée.

  6. Une semaine avant : répétition

    Test du système de vote, du son et de la retransmission. Conducteur validé par le président et le secrétaire général.

  7. Dans les trois mois : formalités

    Déclaration au greffe des associations des modifications de statuts ou des changements de dirigeants.

Comment convoquer valablement ?

Respectez la lettre des statuts : auteur de la convocation, destinataires, forme et délai. À titre de repère, le modèle de statuts publié par l’administration prévoit une convocation quinze jours au moins avant la date, adressée par le secrétaire, avec l’ordre du jour sur la convocation. Il précise que seuls les points inscrits à l’ordre du jour peuvent être abordés.

Ce dernier point est celui qui piège le plus souvent. Une question non inscrite ne se vote pas, même si la salle le souhaite. L’ordre du jour se rédige donc pour couvrir tout ce qui sera décidé : approbation des comptes, affectation du résultat, budget, montants des cotisations ou des affiliations, modifications réglementaires, élections.

  • La convocation signée par l’autorité statutaire : date, heure, lieu ou modalités de connexion.
  • L’ordre du jour et le texte des résolutions soumises au vote.
  • Les rapports moral et financier, les comptes et le budget prévisionnel.
  • La liste des candidats, pour une assemblée élective.
  • Le formulaire de pouvoir et ses règles : à qui, combien, avant quand.
  • Les informations pratiques : accès, hébergement, accessibilité, contact.

Quorum, pouvoirs, émargement : comment ne rien laisser au hasard ?

Le quorum se calcule comme les statuts le disent : en membres ou en voix, présents seulement ou présents et représentés. S’il n’est pas atteint, beaucoup de statuts prévoient une seconde assemblée, convoquée dans un délai fixé, qui délibère sans quorum ou avec un quorum réduit. Si vos statuts le permettent, annoncez cette seconde date dès la convocation initiale.

Les pouvoirs se contrôlent avant la séance, pas à la table d’accueil. Pour chacun : le mandant a-t-il le droit de vote, le mandataire est-il un délégué valide, le plafond de pouvoirs par personne est-il respecté, le document est-il signé par la bonne personne ? Dans une fédération sportive, c’est le président du club, ou en cas d’empêchement l’un de ses membres dûment mandaté, qui le représente à l’assemblée élective.

L’émargement est le document qui prouve le quorum. Il se prépare à partir de la liste des votants et se signe à l’entrée, où chaque délégué reçoit son matériel de vote.

  • Membre représenté et nombre de voix.
  • Nom du délégué et qualité : président ou mandaté.
  • Pouvoirs détenus, avec les voix correspondantes.
  • Signature, heure d’arrivée et, le cas échéant, heure de départ.
  • Matériel de vote remis : boîtier, carte ou code.

Main levée, bulletin secret ou vote électronique : comment choisir ?

Le mode de vote est celui que fixent les statuts. Le modèle de statuts de l’administration prévoit la main levée, sauf pour l’élection des membres du conseil. Dans une fédération, la pondération des voix complique la main levée : quand un délégué porte cent voix et son voisin trois, compter des mains ne suffit plus.

Le bulletin secret sur papier reste robuste, à condition de prévoir des bulletins qui portent le poids de chaque voix, un bureau de vote, des scrutateurs et un temps de dépouillement réaliste. Le boîtier électronique en salle donne un résultat en quelques secondes et calcule la pondération. Le vote par internet permet de voter sans se déplacer.

Pour le vote par correspondance électronique, la CNIL a adopté le 19 mars 2026 une nouvelle recommandation (délibération n° 2026-045), applicable aux nouveaux scrutins. Elle classe les scrutins en trois niveaux de risque et attend une expertise indépendante du système avant sa première utilisation, puis à chaque scrutin pour le niveau 3. Dans le doute entre deux niveaux, elle recommande de retenir le plus élevé.

  • Le rapport d’expertise correspondant au niveau de risque retenu.
  • La séparation entre l’identité du votant et le contenu de son vote.
  • Le paramétrage des voix pondérées et des pouvoirs, contrôlé avant la séance.
  • Une procédure de secours sur papier, prête dans la salle.
  • Un relevé des résultats horodaté, remis au bureau de séance.

Peut-on tenir l’assemblée à distance ou en format hybride ?

Oui, si les statuts ou le règlement intérieur l’organisent. Le format hybride ne simplifie rien : il double l’assemblée. Il faut une salle et une plateforme, une régie pour chacune, et des règles identiques pour les deux publics.

Le point dur reste l’assemblée élective : un incident de connexion pendant un scrutin serré ouvre une contestation. Écrivez la règle d’avance : prolongation du vote, reprise, ou bascule sur un autre canal.

  • Identification des participants à distance, rattachée à la liste des votants.
  • Droit de parole effectif : file de questions modérée, micro ouvert à l’appel du président.
  • Vote ouvert et clos au même moment dans la salle et à l’écran.
  • Test de connexion avec chaque délégué à distance, la veille au plus tard.
  • Mention au procès-verbal des participants à distance et des incidents techniques.

Comment accueillir les délégués : salle, hébergement, transport ?

Une assemblée fédérale réunit des délégués qui viennent de toute la France, souvent la veille. La logistique se pense à partir de leur trajet, pas à partir de la salle.

Le budget se construit poste par poste : location, technique, restauration, hébergement, transport, vote électronique, retransmission. Distinguez ce que la fédération prend en charge de ce que règlent les membres, et écrivez-le dans la convocation.

  • Une plénière en théâtre ou en classe selon la durée, une tribune pour le bureau, un écran lisible du dernier rang, des micros pour la salle.
  • Une salle à part pour le dépouillement et la commission électorale.
  • Des tables d’émargement par tranche alphabétique, pour absorber l’arrivée de tous en trente minutes.
  • Des badges qui distinguent délégué votant, observateur, invité et équipe d’organisation.
  • Un contingent de chambres proche du lieu, avec une date de libération des chambres non attribuées.
  • Des navettes calées sur les horaires de train, à l’aller comme au retour.
  • L’accessibilité de la salle, de la tribune et des chambres, demandée dès l’inscription.

Que doit contenir le procès-verbal, et quelles formalités suivent ?

Le procès-verbal est rédigé et signé par les personnes que désignent les statuts. Il rend compte de la séance de façon à pouvoir être produit en cas de contestation.

En principe, une association n’a pas de déclaration à faire après chaque assemblée générale. En revanche, une modification des statuts ou un changement de dirigeants se déclare au greffe des associations dans les trois mois, avec une copie de la délibération.

  • Date, lieu, modalités de convocation et de participation.
  • Quorum constaté, en membres et en voix, présents et représentés.
  • Composition du bureau de séance et des scrutateurs.
  • Ordre du jour et résumé des débats.
  • Texte de chaque résolution et résultat chiffré en voix : pour, contre, abstentions.
  • Résultats des élections et noms des élus.

Et si l’assemblée générale se tient pendant un congrès ?

Beaucoup de fédérations tiennent leur assemblée générale au sein d’un congrès : plusieurs jours, des ateliers, des remises de distinctions, des partenaires, parfois un appel à candidatures pour choisir le comité ou la ligue qui accueille. L’assemblée statutaire reste le cœur juridique de l’événement. Le reste s’organise autour d’elle, jamais l’inverse.

Concrètement : placez l’assemblée quand la salle est pleine, de préférence au matin du deuxième jour et jamais en fin de programme ; ne suspendez pas un vote à un dîner ou à un transfert ; recalez le calendrier statutaire, convocation comprise, dès que le lieu d’accueil est choisi.

Sources

Qui a écrit ce guide

Gharib Benabid

Fondateur et gérant

« Créer les conditions qui permettent aux autres de réussir. »

Livre blanc SOST’N

Il arrive en Île-de-France en 2003 par un service jeunesse. Suivent une fédération d’associations, un cabinet d’élu au Conseil départemental du Val-de-Marne, puis la direction d’un cabinet de collectivité. Plus de vingt ans du côté de ceux qui commandent un événement public, avant de le produire.

Au service jeunesse, il devient responsable adjoint. Au-delà des missions administratives, il apprend à travailler avec les collectivités, les partenaires institutionnels, les associations et les familles, et découvre le fonctionnement concret des politiques publiques de proximité.

Une fédération d’associations le conduit ensuite au développement de structures d’accueil pour des jeunes en difficulté sociale ou éducative. C’est là qu’il se spécialise dans la politique de la ville et les quartiers prioritaires, et qu’il prend l’habitude de coordonner des équipes pluridisciplinaires.

Au cabinet d’élu, il découvre les exigences du pilotage politique : concilier vision stratégique, contraintes budgétaires et réalités de terrain. Comme chef de cabinet, il coordonne les événements institutionnels, gère des situations sensibles, travaille dans l’urgence et garantit une organisation irréprochable.

Autodidacte, titulaire d’un DEUG en communication et médiation culturelle, il tient l’expérience pour la plus exigeante des écoles. SOST’N n’est pas une rupture dans ce parcours : « au fond, mon métier n’a jamais changé ».

Rugby de six à quarante-quatre ans ; aujourd’hui dirigeant bénévole d’un club.

  1. Service jeunesseResponsable adjoint, Île-de-France
  2. Fédération d’associationsPolitique de la ville, quartiers prioritaires
  3. Cabinet d’éluConseil départemental du Val-de-Marne
  4. Chef de cabinetCommunication et événements institutionnels

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